Sextos : « Mon enfant ne ferait jamais ça ! » (C’est cela, oui)

Sextos : « Mon enfant ne ferait jamais ça ! » (C’est cela, oui)

Vous croyez dur comme fer que votre enfant n'enverrait jamais une photo de lui-même nu ? Chère maman ou papa, il y a de fortes chances que vous fassiez fausse route. En effet, 1 jeune sur 5 entre 16 et 18 ans envoie bel et bien des selfies coquins de temps à autre. Et 27 % de cette même tranche d’âge a déjà reçu ce genre de photo. Choquant ? Pas vraiment.

Commençons par le commencement : les sextos, quèsaco ? Joris Van Ouytsel, chercheur à l'Université d'Anvers, nous éclaire : « le sexting, c’est envoyer des photos de soi à connotation sexuelle ». « Sexto » est donc la contraction de sexe et de texto. Soyons clairs : les jeunes ne sont les seuls à pratiquer le sexting. Beaucoup d'adultes s’y adonnent aussi. Mais étant donné que les jeunes constituent le groupe le plus vulnérable, c’est d’eux dont nous allons parler.

#TelenetGo : pour une meilleure utilisation de vos écrans

Vous l’avez pensé si fort que nous l’entendons d’ici : « Qu’est-ce que Telenet a à voir avec le sexting ? ». C’est très simple. Chez Telenet, nous sommes convaincus que la technologie embellit la vie. Oui, nos écrans enrichissent nos quotidiens de toutes sortes de façons, mais les utilisons-nous au mieux ? Nous tenons donc à prendre nos responsabilités. Voilà pourquoi nous avons développé #TelenetGo, une plateforme qui vous offre des trucs et astuces pour tirer le meilleur de vos écrans. Nous y abordons différents thèmes tels que le phubbing, la photographie via smartphone ou, dans ce cas précis, le sexting.

Pourquoi les jeunes envoient-ils des sextos ?

Eh oui, pourquoi nos adolescents pratiquent-ils le sexting ? Est-ce un comportement déviant ? 
« Le sexting est une étape normale de la croissance, du développement de l'identité sexuelle et de l'expérimentation de la sexualité », explique Joris Van Ouytsel. « Les jeunes aiment parler de sexe et de contenu sexuel. Qui est amoureux de qui ? Que ressent-on pendant sa première fois ?  Il est donc logique qu'ils continuent ces conversations en ligne. Ce qui inclut souvent du matériel visuel. »

Ce n’est pas qu’un truc de jeunes filles naïves

« Garçons et filles envoient tout aussi souvent des sextos », déclare Joris Van Ouytsel. 
« Fréquemment, c’est le garçon qui envoie le premier et la fille qui enchaîne. C’est un peu ça : je t’ai montré ça de moi, maintenant, à ton tour. La moitié des jeunes envoient leur photo à leur amoureux ou amoureuse, en guise de preuve de confiance ou d'amour. L’autre moitié envoie la photo à une autre personne : souvent à celle pour qui il ou elle craque, ou à celle avec qui il ou elle aimerait avoir une relation. »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les soldats pratiquaient déjà le sexting. Ils le faisaient à leur manière...

Wim Slabbinck, sexologue

D’après le sexologue Wim Slabbinck, l'envoi de messages à caractère sexuel est tout sauf récent : 
« Saviez-vous que les soldats sextaient déjà pendant la Seconde Guerre mondiale ? Ils avaient développé leurs propres méthodes dans ce but. Les lettres qu’ils envoyaient à leur bien-aimée restée au pays étaient relues par leurs supérieurs avant leur envoi. C’est la raison pour laquelle les soldats ont utilisé des acronymes pour inclure des messages sexy ou intimes dans leurs textes, tels que « swalk » (« Sealed With a Long Kiss »), « norwich » (« kNickers Off Ready When I Come Home ») ou encore « china » (« Come Home, I’m Naked Already »). L'envoi de messages à caractère sexuel n'est donc pas nouveau. La communication sexuelle fait partie intégrante de l’humain. Aujourd’hui, nous pouvons en tirer pleinement parti grâce aux nombreux moyens de communication actuels. Partager un selfie sexy n’a rien de mal, c’est même plutôt agréable et sain. »

Sharing ain’t caring

Les sextos ne deviennent un problème que si le destinataire ne pratique pas une gestion discrète des photos qu’il ou elle reçoit. Le sexting est fun, mais il comporte aussi des risques. 
Après tout, des photos sexy sont parfois diffusées sur internet par un destinataire peu scrupuleux ou par un(e) ex mal intentionné(e), voire encore partagées dans toute l'école ou la ville, sans l'autorisation de la personne. Le chercheur Joris Van Ouytsel est de cet avis : « Environ 12 % des jeunes déclarent avoir déjà transféré une photo issue du sexting sans autorisation. Ce chiffre est très inquiétant. » Par exemple, certaines personnes mal intentionnées n’hésitent pas à extorquer de l’argent à la victime, ou à la forcer à faire des choses qu'elle ne ferait pas normalement. Dans ce cas, on parle de sextorsion.

1 ado sur 5 entre 16 et 18 ans envoie des photos coquines de temps à autre.

On récolte ce que l’on sème, vraiment ?

Quand le sexting tourne mal, des réactions de ce style pleuvent : « il/elle n'aurait pas dû envoyer cette photo » ou encore « il/elle aurait dû réfléchir avant de faire cette photo ». Wim Slabbinck explique que le phénomène de double victimisation, également connu sous le nom de « victim blaming », peut causer de graves problèmes quand on perd le contrôle de ses sextos. 
« Tu n’aurais pas dû sexter, c'est juste idiot » est l'une de ces allégations auxquelles il faut mettre fin. Il surenchérit : « Ce n'est pas la faute de la personne qui a pris et envoyé la photo de nu, mais bien de la faute de celle qui diffuse la photo. C’est le même principe que pour un viol : ce n'est pas la faute de la fille en minijupe, c'est celle du violeur. » Wim Slabbinck continue : 
« Les victimes sur qui on rejette la faute ressentent souvent de la honte et de la culpabilité (injustifiées), elles courent un plus grand risque de dépression, d'isolement social et tentent parfois même de se suicider. Ce sont des exceptions extrêmes, mais elles nous montrent à quel point cela peut s’avérer dangereux. »

L’illusion de la sécurité

Quand un message est envoyé, aucune marche arrière n’est possible. L'expéditeur n'a plus aucun contrôle sur la suite des événements. Il est donc recommandé de prendre des photos sur lesquelles on est méconnaissable : sans visage, ni tatouages, ni piercings, ni posters à l’arrière-plan, etc.

Des études montrent que le sexting a quelque chose de positif et de sécurisant.

Wim Slabbinck, sexologue

De nombreux jeunes utilisent Snapchat pour échanger leurs photos hots, car l'appli assure que les clichés disparaîtront au bout de quelques secondes… ce qui est faux. Les photos disparaîtront de votre écran, mais au moyen d'autres applications, le destinataire peut parfaitement les enregistrer, faire des captures d'écran ou en prendre une photo avec un autre appareil. L'application Confide avance être plus sûre, car elle empêche les captures d'écran, mais il est toutefois possible d’en prendre une photo avec un autre smartphone, par exemple. L'appli gratuite .COMDOM est un outil pratique qui intègre les détails du destinataire en filigrane sur la photo. L'application limite ainsi les chances que les photos coquines soient transférées.

Interdire le sexting ne mène à rien

Faut-il interdire à nos adolescents d’envoyer des sextos ? Sûrement pas. Ils ont grandi avec leur smartphone et prendre des photos fait partie de leur vie. De plus, un(e) ado qui prend un selfie de lui ou d’elle ne fait rien de mal. « Dans les médias, on entend régulièrement dire que le sexting est dangereux et qu'il ne faut pas y céder », déclare Wim Slabbinck, « mais des études montrent que cette pratique a quelque chose de positif et de sécurisant. La plupart des jeunes vivent une expérience positive, seule une minorité en tire une expérience négative. Wim Slabbinck appuie ses propos à l’aide de chiffres tirés d’une récente enquête : « 1 % des garçons et 2 % des filles qui pratiquent le sexting ont été victimes d'une forme néfaste de sexting lors des 6 derniers mois suivant l’envoi d’une photo de nu. Dans la plupart des cas, tout se passe bien. Il est donc important de dire clairement aux jeunes qu’il n’y a pas de mal à s’envoyer des sextos, mais qu’il ne faut PAS transférer ce genre de photos au risque de blesser la personne représentée. Il s’agit donc d’une question d'empathie, de sens des responsabilités et de respect de la vie privée. 
Le plaisir et le sexe devraient être au centre de notre éducation sexuelle, mais les dangers devraient être abordés. Nous opérerons ainsi une transition en passant du sexting en tant que danger au sexting en tant que plaisir. Si nous y parvenons, le sexting sera alors complètement sûr. »

Il n’y a rien de mal à partager des photos coquines, c’est même plutôt agréable et sain.

Wim Slabbinck, sexologue

Que faire si les sextos sortent du cadre privé ?

Scénario d’horreur : des photos de votre enfant nu ont été vues dans toute l’école ? 
Faites usage des conseils de Nel Broothaerts, experte en prévention chez Child Focus:

  • Contactez la personne qui a partagé la photo et demandez-lui d’arrêter.
  • Demandez de l'aide. Votre enfant est mineur ? Appelez gratuitement Child Focus au 116 000. 
  • Ils se chargeront de faire disparaître les photos d’internet. Votre enfant peut aussi leur parler de ce qui s'est passé.
  • Appelez la police : partager de telles photos sans permission est un crime !
  • Last but not least: assurez-vous que votre enfant sait qu'il peut se tourner vers vous. Ne le jugez pas. Celui qui s’est mal comporté est la personne qui a partagé du matériel privé, et en aucun cas votre enfant.

Parlez-en à votre ado

Oui, l’heure est venue de parler du sexting avec votre fils ou votre fille ! Bien sûr, ils en discutent avec leurs amis et à l'école, mais n'est-il pas bon de savoir qu'ils peuvent vous en parler s'ils ont des questions ? Seulement... comment entamer cette conversation ? C’est simple : en suivant les conseils de Jozefien Daelemans, spécialiste des conversations sans tabous sur des sujets sensibles. Bonne chance !

Vos photos privées doivent le rester.

PROTÉGEZ-LES AVEC .COMDOM

Vos photos privéesdoivent le rester.